> 02.02.2007
"Sarkozy préfacé par le leader proche de l'extrême droite Gianfranco Fini
La version italienne du livre de Nicolas Sarkozy a été préfacé par
Gianfronco Fini (cela avait déjà été le cas pour son livre "La
République, les religions, l'espérance" ...

Or l'éditeur demande toujours l'accord à l'auteur (et ça fait la seconde
fois).
Nicolas Sarkozy a donc accepté (2 fois) une préface du leader
post-fasciste Gianfranco Fini, dirigeant de l' Alliance Nationale...
Parti qui est l'héritier du MSI, parti fasciste italien dont il a conservé
le logo : une flamme tricolore, qui a aussi inspiré le Front National en
France. En quête de respectabilité, il se définit désormais comme un parti
de "centre-droit" (comme le FN d'ailleurs ... "On dit que Jean-Marie Le
Pen est un extrémiste, que c'est l'extrême-droite pour disqualifier son
message. C'est faux, je suis un homme de centre-droit [...] Ce n'est pas
moi qui me suis déporté vers l'extrême droite, c'est le corps politique
français qui s'est déplacé vers la gauche" - Jean-Marie Le Pen,
Paris-Match, 4.01.07).
Voir préfacer un livre de candidat à la présidentielle par Fini est très
inquiétant, même si ce dernier a donc cherché à réformer son parti pour le
déplacer de la "droite dure" à selon lui une "droite normale".. . La
pré-campagne a été marquée par des débats sur l'expression "Sarko Facho"
(notamment après une chanson de Renaud).
Aujourd'hui, les contacts du candidat UMP avec les post-fascistes de
l'Alliance Nationale méritent de faire partie du débat public.
Notons également que Il Secolo d'Italia, journal de l'Alliance nationale
(AN), fait campagne pour Nicolas Sarkozy et voit une "quasi-symbiose
politique, caractérielle, générationnelle" entre le candidat de l'UMP et
Gianfranco Fini.
Comme le souligne L'Humanité : "Pour un dirigeant français, les liens avec
cette droite d'origine totalitaire peuvent créer quelques embarras. Car,
au-delà de l'image moderniste de Fini, on trouve toujours, dans les sièges
de l'AN, des symboles du régime mussolinien : portraits et sculptures du
Duce, jeunes néofascistes aux crânes rasés. Nicolas Sarkozy semble
pourtant très content de l'amitié de Gianfranco Fini qui signe les
préfaces de ses livres. Après la République, les religions et l'espérance,
dont l'édition italienne est parue en 2005, c'est le même scénario pour le
dernier publié en Italie fin 2006 sous le titre la Testimonianza
(Témoignage). « Sarkozy répond, dans les différentes situations, de
manière parfois articulée et parfois très sèche, mais toujours complète,
sans réticences », écrit Fini."
Ce dernier livre de Sarkozy, comme le précédent, est publié en Italie par
une petite maison d'éditions, Nuove Idee, de Luciano Lucarini. Il est
quasiment clandestin, introuvable dans les grandes librairies. Fini
d'ailleurs ne s'adresse pas à un grand public mais aux siens qu'il espère
forcer à de nouveaux efforts de "modernisation". "Le témoignage de
Sarkozy, écrit-il encore, est devenu récit de vie et programme politique,
identité et dynamique intérieure avant que publique, analyse et
compréhension de soi-même, contribution originale à une grande
construction collective qui implique l'évolution de la droite et de la Ve
République voulue par le général de Gaulle en 1958."
Et il ajoute, à propos du candidat de l'UMP à l'Élysée : "Sarkozy a su
réaliser les idées vécues au quotidien, les solutions expérimentées en
tant que ministre, sur les grands problèmes globaux qu'il a su affronter :
immigration, ordre public, réforme de l'administration, banlieues en
flammes, crises d'entreprises prestigieuses comme Alstom." Il loue
l'"attitude décidée et réfléchie" du chef de la droite française mais il
parle toujours à la droite italienne qui n'a pas encore réglé ses comptes
avec le passé : "Beaucoup de ruptures sont nécessaires en France pour la
reconstruire par l'action politique" qui, pour Fini, est la "passion du
présent". Un "présent qui n'est pas, dit-il, négation du passé, amnésie,
mais élaboration créative, pragmatisme".
Le Courrier International du 18 au 24 janvier 2007 proposait une
traduction récente d'un article du Il Giornale de Milan.
Ce journal est détenu par Paolo Berlusconi, frère de Silvio, qui en a fait
un organe de combat contre le gouvernement de Romano Prodi.
Il rappelle les excellentes relations entre les leaders des deux partis de
droite, les rencontres à l'ambassade française à Rome, à l'époque où Fini
était ministre des affaires étrangères de Berlusconi, les messages entre
partis, les éloges de Nicolas Sarkozy adressés à l'ancien président du
MSI. Fini avait été particulièrement sensible à la prise de distance de
N.Sarkozy par rapport à la politique officielle de la France sur l'Irak.
L'article de Il Giornale apporte des précisions très intéressantes. Il
qualifie ainsi les relations entre les deux hommes : "l'axe de fer entre
le candidat à l'Elysée et le chef de la droite italienne est évident".
Nicolas Sarkozy y est défini comme "l'astre naissant de la nouvelle
droite" et un modèle pour Fini.
Malgré des articles dans L'Humanité, Courrier International et sur un blog
de Libération, ce fait n'est que peu connu par le public.
Ce fait ne doit pas passer inaperçu.
Nicolas Cadène
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander












Commentaires